Installation in-situ, vernissage participatif, ventilateurs × confetti

En montrant l’opposition permanente et cyclique entre des milliers de confettis et le souffle de ventilateurs, Sans gravité (2016) est une installation qui questionne les idées de persistance, de mobilité et de vacuité. Lors du vernissage, l’oeuvre est bouleversée par les piétinements et le jeu des visiteurs. Ils prennent possession de sa substance, éparpillent, lâchent et jettent les confettis qui retombent inexorablement au sol. Par la suite, sans public et sous le souffle froid du vent, le chaos provoqué laisse place à un nouveau paysage. Le cotillon s’organise en faisant masse et sa rencontre avec les ventilateurs contribue à former une scène à l’équilibre fragile, qui se construit et se déconstruit continuellement.

Installation in-situ, workshop, ventilateurs × confetti

Lors de cet événement, créé en collaboration avec le Centre Pompidou Metz pour l’exposition Jardin Infini, les visiteurs pouvaient modifier le paysage en déplaçant les confettis et les ventilateurs, mais aussi développer une architecture en construisant des octaèdres. Ces actes sont transitoires, puisqu’une fois l’espace vidé de toute action humaine, le flux d’air de l’installation impose à nouveau son rythme. Le déplacement équilibré entre les confettis et le vent forme alors une osmose qui évoque le mouvement perpétuel du temps.

Les polyèdres à huit faces, symbole platonicien de l’air, sont montés et disposés par les participants durant les quatre premières semaines d’ouverture du lieu. L’activité des visiteurs est telle que les confettis commencent à se désagréger et diffusent dans l’air des particules vertes irrespirables. L’atmosphère de Sans Gravité vient d’être modifiée et, par là même, l’œuvre se délite dans toute la pièce.

Ce paysage verdoyant et ces structures colorées qui se répandent en ruine par l’action des ventilateurs suggéraient déjà la vue d’un site abandonné, mais l’air irrespirable évoque désormais une exoplanète dépeuplée. La décision est prise de fermer l’installation au public mais de la laisser activer les trois semaines restantes. Le résultat de cet accident permet à l’installation d’exprimer totalement son propos en mettant en avant l’arrogance du geste et en faisant de l’œuvre une vanité observable par la vitrine.

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